lundi 2 février 2009

Des rochers dans la mer

Nous arrivons enfin au point le plus spectaculaire de la Great Ocean Road. Des formations de calcaire érodées par le vent au milieu de la mer, les Twelve Apostles. Leur proximité les unes des autres crée la curiosité du site qui est une attraction touristique.

À l'origine le site s'appelait Sow and Piglets ("la truie et les porcinets"). Ce nom fut changé dans les années '50 pour le patronyme plus majestueux "The Twelve Apostles" (les douze apôtres en français) pour attirer plus de visiteurs, bien qu'il n'y ait que neufs aiguilles. Les aiguilles ont été formées par l'érosion et l'avancée de la mer sur la falaise calcaire, elles varient en taille et en diamètre. Elles subissent cette érosion en continu (2 cm par an environ) et certaines se sont écroulées. Un « apôtre » de 50 mètre s'est effondré le 3 juillet 2005, portant leur nombre à huit.


Avec Ghita

Puis nous nous rendons à un autre lieu non moins impressionnant : Loch Ard Gorge.

La gorge a été baptisé après le naufrage du clipper Loch Ard, qui s'échoue au large de Muttonbird Island le 1er juin 1878 à l'approche de la fin de son voyage de trois mois qui l'emmenait d'Angleterre à Melbourne. 52 personnes se noient, mais deux survivants de 18 ans dérivent dans la gorge.

Tom Pearce, 18 ans, apprenti garçon de cabine, parvient à échapper aux vagues et trouve refuge dans une grotte sous la falaise. Il n'y restera que quelques minutes... L'Océan et le vent lui ramènent les appels au secours d'une jeune femme, probablement agrippée de toutes ses forces à un rocher ou un morceau du navire. Tom repart, nage contre les vagues, riquant à chaque seconde de se faire projeter contre la falaise par le Pacifique. Il parvient finalement à retrouver la jeune femme, cramponnée comme elle peut à un rocher qui affleure. Eva Carmichael, 18 ans elle aussi, ne sait pas nager - et c'est probablement ce qui l'a sauvée: contrairement aux autres passagers, elle n'a pas tenté de lutter contre le courant mais s'est simplement laissée emporter par les vagues... qui l'ont rejetée contre ce rocher. Tom la ramène sur la plage et la met à l'abri dans cette grotte qu'il a découverte quelques heures plus tôt.

A présent, il n'a plus le choix: il doit partir chercher de l'aide. Il escalade alors la falaise, et une fois sur les plateaux, la chance le pousse dans la direction de la seule ferme alentours, à quelques kilomètres au nord de la grotte. Eva est finalement saine et sauve, Tom reçoit une des premières décorations australiennes pour son courage et son dévouement.

Après trois mois passés à Melbourne, remise du choc, Eva reprend pourtant la mer en direction de son Irlande natale. Tom reste en Australie. Ils correspondront sur trois courtes années, mais finalement, Eva se marie en Irlande et fonde une famille à elle, sans Tom.




Séance photos avec des gens qui voyagent aussi avec nous : la maman, le fiston et la copine du fiston, tous 3 Belges.


Enfin, nous nous rendons au London Bridge, ou je devrais plutôt dire London Arch. En effet, L'arche la plus proche de la terre ferme s'est effondrée le 15 janvier 1990, en emprisonnant deux touristes sur la partie avancée. Ils furent secourus par hélitreuillage, personne ne fut blessé pendant cet événement.

Il est déjà temps de rentrer. Demain nous quittons l'Australie, le coeur serré mais la tête pleine de beaux souvenirs.

Go west... to the Great Ocean Road

Mardi 6 janvier : il est 7h du matin, et nous avons un programme très chargé. Nous partons en effet pour la Great Ocean Road, et nous ne reviendrons à Melbourne que vers 21h30.

Pour info, la Great Ocean Road s'étend sur la côte Sud-Est de l'Australie entre les villes de Geelong et Warrnambool, dans l'État du Victoria. Construite en 16 ans pendant la Grande Dépression, dans l'entre-deux guerres, cette route est devenue un haut lieu touristique du Victoria.

Elle offre de magnifiques vues du détroit de Bass avec des paysages faits de falaises et autres formations rocheuses impressionnantes, telles que le Loch Ard Gorge, le Grotto, le London Bridge (renommé London Arch depuis l'effondrement d'un de ses segments) et surtout les fameux Douze Apôtres (Twelve Apostles). Elle est aussi bordée par la plage de Torquay, réputée mondialement pour le surf.


Notre compagnie s'appelle "Go West", et Phil, notre guide, profite de chaque arrêt pour nous mettre une musique naze. On a entre autre le droit aux deux versions de Go West (Pet Shop boys à l'aller, Village People au retour s'il vous plaît !) et à John Denver.


Le voyage, qui s'annonce magnifique vu le temps idyllique prévu, commence pourtant assez mal. Comme Adrien et moi sommes les derniers à monter dans le minibus (notre hôtel est le dernier de la liste de pick up), nous ne pouvons être assis ensemble. L'un va au fond du bus, l'autre devant, à côté d'une famille de filles italiennes (grand-mère, mère, fille).

La mère ne parle pas anglais, donc la fille lui traduit tout ce que le guide raconte. Soit. Mais lorsqu'après le premier arrêt, Adrien et moi nous asseyons devant, à côté, la fille vient me voir et me dit de façon super calme, comme une évidence : "Ce n'est pas très correct de s'être assis là. Pour votre information, c'est ma mère qui s'asseyera là à partir de maintenant et pour le reste du voyage".

Il ne fallait pas me chercher. Je lui souris, et je lui rétorque que je ne savais pas que les places du bus étaient nominatives. Et que je ne savais pas qu'il y avait des princesses à bord du bus. Et que non, on ne bougera pas. Le ton commence à monter et les autres passagers ne savent pas où se mettre. Finalement, deux filles qui voyagent seules chacune de leur côté nous lèguent leur place pour éviter la vendetta qui s'annonce.

L'une de ces filles s'appelle Ghita, et nous sympatisons vite avec elle. Elle vient de Montréal et reste chez des amis à Melbourne. Elle a décidé de faire la Great Ocean Road seule car ses amis ne veulent pas trop bouger, et bien lui a pris car nous allons nous marrer tous les 3 ensemble tout le reste de la journée (ah, le souvenir épique du McDo de Colac...).


Notre premier arrêt se fait dans un centre Aborigène où une jeune fille nous explique tout ce que nous ne savions pas encore sur son peuple : notamment que le didgeridoo est un tronc d'arbre creusé naturellement par les termites, que les femmes ne doivent pas en jouer pour ne pas devenir stériles, qu'il y a différents types de boomerangs selon l'animal que l'on chasse, et que les Aborigènes ne se marient pas au sein d'une même tribu mais entre tribus différentes.


Puis nous nous rendons à Bells Beach, un spot de surf renommé internationalement et idéalisé dans le film Point Break.


Comment ils montent les packs de lait ?

Nous passons par une forêt d'eucalyptyus où vivent des koalas. Ces marsupiaux qui fascinent les foules sont certes mignons, mais pas super intéressants vu qu'ils dorment 22h sur 24 pour digérer les feuilles d'eucalyptus dont ils se nourrissent exclusivement.


La côte. Pas mal hein ?

Nous nous arrêtons pour déjeuner à Apollo Bay, une petite station touristique en bord de mer. Au menu ? Un délicieux Fish and Chips pour moi et des hamburgers frites pour Ghita et Adrien. Avec le McDo que nous allons ingurgiter le soir, je crois que cette journée sera la moins diététique du voyage...



Notre guide : "C'mon Foooooooolks ! Guys, let's go !"

Notre prochaine étape, c'est une marche dans la forêt pluviale. Comme il fait beau, les escargots ne sont pas de la partie, mais les fougères arboricoles sont magnifiques. Originaires de Nouvelle-Zélande, elles poussent ici à un rythme très lent, de l'odre de 1 ou 2 centimètres par an.

Nous arrivons au Port Campbell National Park. Et là, ça va être ma-gni-fi-que.